La coordination inédite entre le Qatar et les États-Unis pour contrer le Hamas

Le Premier ministre qatari, Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, a confirmé lors d’une interview avec Tucker Carlson que son pays a travaillé en étroite collaboration avec Washington et Tel-Aviv pour gérer les flux financiers vers Gaza, un territoire contrôlé par le Hamas. Cette révélation soulève des questions sur les alliances stratégiques et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Al Thani a précisé que l’invitation du Qatar à accueillir le bureau politique du Hamas en 2012 était motivée par une demande des États-Unis, visant à limiter l’influence turque dans la région et à stabiliser les relations avec Israël. Selon lui, les transferts d’argent vers Gaza étaient destinés à soutenir la population palestinienne, non le groupe armé. Cependant, cette distinction entre « financement de Gaza » et « financement du Hamas » reste controversée, car le mouvement exerce un contrôle politique direct sur la bande de Gaza depuis 2006.

Le Premier ministre a également évoqué les enjeux géostratégiques liés à ces actions, notamment l’effort des États-Unis et d’Israël pour diviser les forces palestiniennes en favorisant une alternative au mouvement de l’Autorité palestinienne. Cette approche, selon lui, vise à renforcer la domination régionale tout en contenant les ambitions iraniennes dans la région.

L’interview met en lumière la complexité des relations entre le Qatar et ses partenaires occidentaux, mais aussi les défis persistants de la paix au Moyen-Orient. Al Thani a insisté sur l’importance d’une vision nuancée pour éviter les simplifications idéologiques qui masquent les dynamiques politiques réelles.