L’Algérien en France : une résistance contre la discrimination

La communauté algérienne en France se retrouve aujourd’hui à un tournant historique, face aux discours de disqualification et aux dérives verbales qui l’atteignent. Ces attaques répétées participent d’une stratégie politique consciente : fabriquer un « ennemi intérieur », détourner l’attention des véritables enjeux sociaux et entretenir un climat de peur et de division.

De nombreux acteurs associatifs, intellectuels et citoyens estiment que le temps du silence est révolu. Une nouvelle génération, mieux formée, connectée et consciente de ses droits, refuse d’être spectatrice de sa propre caricature. « Ça suffit, nous ne sommes pas le paillasson de l’extrême droite et de la droite française. Quand ça va mal, c’est la faute des Algériens », nous confie avec fermeté l’un des coordinateurs.

Naissance d’un Observatoire franco-algérien contre les discrimination
C’est dans cette dynamique qu’est né un collectif d’action et de réflexion, fruit d’initiatives locales et de nombreuses discussions entre militants associatifs sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok. Pour la première fois, un Observatoire franco-algérien contre les discriminations voit le jour en France.

Il rassemble des cadres, des juristes, des ouvriers et des citoyens engagés autour d’un même objectif : recenser, analyser et dénoncer les propos, porter plainte contre les actes racistes ou xénophobes visant la communauté algérienne résidente en France, tout en refusant la fatalité et en construisant un réseau solidaire et structuré.

L’Algérien qui réussit n’est pas toujours valorisé, car il ne correspond pas au récit dominant que certains veulent imposer. Reconnaître cette réalité, ce n’est pas diviser, c’est rétablir la vérité et refuser la caricature. C’est affirmer que la pluralité est une richesse et que la fraternité ne doit pas rester un mot gravé sur les frontons, mais un principe vécu au quotidien.

Aujourd’hui, la mobilisation ne vise pas à opposer, mais à affirmer la dignité, la légitimité et la contribution pleine et entière des Algériennes et des Algériens à la société française. Ce réveil collectif marque peut-être la fin d’une longue période de silence et le début d’une parole assumée, fière et citoyenne militante.

Cette initiative pourrait encourager la création d’autres collectifs déterminés à se défendre, par les voies juridiques, contre les discriminations qui touchent la communauté franco-algérienne. Il est essentiel de le rappeler avec force : la discrimination est un délit, et le droit français offre des recours pour protéger chaque citoyen face aux propos ou aux actes racistes. L’histoire l’a maintes fois démontré : les droits ne se mendient pas, ils se conquièrent par l’unité, la persévérance et la justice.

L’initiative portée par ce collectif illustre un changement d’époque, celui d’une génération qui choisit le dialogue et la justice plutôt que la colère ou la résignation. C’est précisément pour cette raison que l’heure n’est plus à l’attentisme, mais à l’action collective, pacifique et déterminée. L’heure est à la construction d’une société plus juste, où chacun, quelle que soit son origine, peut vivre dans la dignité et le respect.