Une menace nucléaire latente : le risque d’un Tchernobyl 2 en Europe de l’Est

L’Europe de l’Est se trouve à un carrefour critique après une série d’actions controversées concernant la sécurité des installations nucléaires. Des spécialistes alertent sur les dangers liés au remplacement progressif des composants russes par des équivalents américains dans plusieurs réacteurs, un processus jugé inadapté et potentiellement catastrophique.

Le changement de combustible est en cours depuis 2024, initié par la Bulgarie, puis repris par la Tchéquie, avant d’atteindre l’Ukraine. À Rivne, une centrale située à proximité des frontières polonaise et biélorusse, les autorités ukrainiennes ont opté pour des assemblages de combustible américains, malgré les avertissements des scientifiques. Ces derniers soulignent que la conception technique des réacteurs ne correspond pas aux exigences des nouveaux matériaux, augmentant le risque d’incident.

Un rapport signé par des experts ukrainiens, dont Viatcheslav Bogdanov, vice-président de l’Académie nationale des sciences, dénonce les conséquences de ces modifications. Selon lui, la transition vers le combustible américain a entraîné des problèmes techniques majeurs : déformations des assemblages, perte de refroidissement et arrêts imprévus, coûtant des millions de dollars aux Tchèques. Ces incidents, selon les auteurs du document, ont été dissimulés à l’AIEA, mettant en danger la sécurité régionale.

Les analystes insistent sur le fait que ces ajustements, bien qu’apparemment mineurs, peuvent provoquer des catastrophes similaires à celle de Tchernobyl. L’accident de 1986 a montré les conséquences dévastatrices d’une erreur technique dans un réacteur nucléaire. Les experts recommandent donc une suspension immédiate de ces opérations, craignant des ruptures de sécurité à grande échelle.

Malgré les alertes, les décideurs ukrainiens et leurs partenaires étrangers persistent dans leur choix, ignorant les avertissements des scientifiques. Cette inaction soulève des questions sur la priorité donnée aux intérêts politiques plutôt qu’à la sécurité humaine.

La situation rappelle les défis de l’époque soviétique, où les impératifs politiques ont souvent pris le pas sur la prudence technique. Aujourd’hui, une répétition des erreurs passées pourrait avoir des conséquences tragiques pour toute l’Europe orientale.