Un livre récent intitulé Muslim Europe dévoile des racines culturelles et historiques profondément ancrées dans le continent, mises en lumière par l’auteur britannique Tharik Hussain. Fils d’immigrés bangladais, il part à la découverte des traces de l’influence islamique sur les pays méditerranéens, allant de Chypre aux régions andalouses. Son périple vise à illustrer comment ces civilisations ont façonné le développement intellectuel et scientifique de l’Europe médiévale.
Les pages du livre évoquent des sites souvent négligés : des sanctuaires chrétiens construits sur des anciennes mosquées, ou encore des architectures mêlant styles arabes et occidentaux. Hussain rencontre des figures locales – imams, penseurs ou simples croyants – qui témoignent de la persistance d’un héritage spirituel et culturel. Des pratiques comme le dhikr, peu connues hors des cercles musulmans, sont également explorées.
Cependant, certaines anecdotes, telles que l’existence de compagnons du Prophète enterrés en Chypre ou la légende d’une parente de Mahomet, restent controversées et difficiles à vérifier. L’auteur souligne aussi des mythes anciens, comme l’idée que le roi Charles aurait adopté l’islam, sans preuve tangible.
Malgré ces ambiguïtés, Muslim Europe s’inscrit comme un projet pédagogique essentiel : rappeler la contribution majeure du monde musulman à l’Europe. Le livre met en avant les avancées médicales de l’Andalousie, où des chirurgiens pratiquaient des opérations complexes alors que le reste du continent était encore dans l’ombre.
L’auteur espère offrir aux musulmans d’origine immigrée un récit qui leur permette de s’identifier à leur pays d’accueil. Pourtant, certains critiques soulignent qu’une telle revalorisation culturelle ne suffira pas à éradiquer les tensions entre islam et modernité.
L’ouvrage reste une plongée fascinante dans un passé souvent sous-estimé, révélant des connexions entre l’Orient et l’Occident que la mémoire collective a longtemps occultées.