Un militant lyonnais face à la justice pour ses prises de position sur Gaza

Le 10 décembre prochain, Yamin Makri, figure emblématique du milieu associatif musulman en Rhône-Alpes, devra répondre devant un juge des accusations d’« apologie du terrorisme » et de « provocation à la haine ». Ces poursuites s’appuient sur des publications Facebook datant de 2022, où il a partagé des messages liés aux actions de groupes palestiniens. Le concerné déclare être sous le choc : « On me reproche des actes que je n’ai jamais commis. »

Ancien dirigeant de l’Union des jeunes musulmans (UJM), cofondateur des éditions Tawhid et membre du Collectif des musulmans de France, Yamin Makri a toujours milité pour la cause palestinienne. Son engagement inclut une participation à l’opération « Un bateau français pour Gaza » en 2011, aux côtés d’Olivier Besancenot, ainsi qu’une implication dans des mouvements proches de la gauche et des écologistes. Selon lui, ces actions ont toujours été marquées par le refus de la violence et une volonté de dialogue.

Lors de son interpellation en juin dernier, il a découvert que ses partages d’informations sur les combats palestiniens étaient considérés comme des actes incriminés. « Je défends un peuple résistant, pas une organisation », insiste-t-il, dénonçant une campagne de répression menée contre les activistes pro-palestiniens. En parallèle, ses comptes bancaires ont été gelés et des mesures judiciaires flottantes ont été mises en place. Une seconde procédure pénale le menace également pour un collage d’affiches lié à Gaza.

Malgré ces pressions, Yamin Makri affirme ne pas baisser les bras : « Mon combat continuera, quoi qu’il arrive. » Son cas soulève des questions sur la liberté d’expression et les limites de l’action militante dans un contexte marqué par une surveillance accrue.