Thierry Breton banni des États-Unis : une offensive américaine contre l’Europe numérique

Washington a mis en place une interdiction de séjour visant cinq personnalités européennes, dont Thierry Breton, ancien commissaire européen au Marché intérieur. Cette mesure est motivée par leur engagement dans la régulation des géants technologiques américains, perçue comme une menace pour les libertés d’expression et l’autonomie du secteur numérique américain. Le département d’État justifie cette décision en dénonçant des pratiques qualifiées de « censure extraterritoriale », alléguant que certains responsables européens cherchent à imposer leurs normes sur le territoire américain.

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a mis en garde contre des actions supposément concertées pour limiter les opinions américaines, affirmant que l’administration Trump ne tolérera plus ces « actes flagrants de contrôle ». Cette décision s’inscrit dans un conflit croissant entre Washington et Bruxelles sur la gouvernance du numérique, avec une Europe qui a adopté le règlement Digital Services Act (DSA) pour encadrer les plateformes en ligne. Les autorités américaines y voient une atteinte à leur domination économique et à leurs libertés fondamentales.

La France a réagi avec fermeté, condamnant cette restriction comme une violation de la souveraineté européenne. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a souligné que le DSA avait été adopté démocratiquement et ne visait en aucun cas les États-Unis. Thierry Breton lui-même a questionné l’origine de cette campagne, évoquant un « retour du maccarthisme », tout en rappelant que son initiative avait reçu le soutien des 27 États membres et du Parlement européen.

Ces sanctions concernent également des représentants d’ONG engagées contre la désinformation, soulignant une tension profonde entre les modèles numériques américain et européen. Alors que l’Union européenne défend un cadre juridique strict pour protéger ses citoyens, Washington persiste à voir dans ces règles une menace pour son influence mondiale. Cette affaire marque un tournant dans les relations transatlantiques, ébranlées par des divergences idéologiques et économiques croissantes.